• Le Tribunal Militaire Allemand

    Le Tribunal Militaire Allemand 

    Chaque semaine, le Bâtonnier Guinaudeau et mon père rencontraient le Felcommandant Holtz ou ses subordonnés qui leur donnaient connaissance des charges retenues par ses services, contre les Français qui avaient été emprisonnés. Lors des audiences du Tribunal Militaire, il assurait la défense. Dans les papiers de mon père, je n'ai rien trouvé concernant cette époque et je ne sais que ce qu'il m'en a dit.

    Tout les dossiers de Guinaudeau doivent être entre les mains des descendants de son beau-frère, Henri Reyt, qui, plus tard, a siégé au Conseil constitutionnel. De son coté la Gestapo s'était installée dans un hôtel particulier, l'Hôtel de Charette, du coté de la rue des Orphelins.

    Les deux avocats nantais, assistés d'un jeune confrère qui parlait allemand et servait d'interprète, ont assistés Marin Poirier qui sera le premier fusillé à Nantes. Marin Poirier était un cheminot, responsable d'une chaîne d'évasion. A l'audience, il se payait la tête des Juges militaires allemands. Il avait été trouvé en possession d'un carnet portant l'indication : T.P.G : Transport (ou Transit) des Prisonniers de Guerre, et d'une liste de  localités; aux questions qui lui était posées, il a répondu qu'en ces temps de privations, il restait un gros mangeur et que T.P.G signifiait "Tout pour la Gueule" et que les localités indiquées étaient celles où il croyait possible de se procurer du beurre. 

    Après la guerre, Fernand Ridel qui avait été acquitté, est venu remercier officiellement mon père et lui remettre une copie en plâtre, légèrement teintée pour simuler la terre cuite, d'un buste de Marin Poirier. Après le décès de mon père, j'ai remis ce buste au Barreau de Nantes dont, à mon sens, il marquait la contribution dans la Défense devant le Tribunal de l'occupant .../... je me suis retrouvé à défiler avec Alex Bricard et Mme Divanach, avec le bonnet phrygien...

    Mon père a regretté la disparition du Colonel Hotz qui, d'après lui, avait observé de la modération dans un poste délicat.

    Dès le début de la guerre, Me Guinaudeau s'était inquiété des moyens de défense auprès du procureur. Ces audiences du Tribunal militaire n'étaient pas sans risque; mon père m'a dit plusieurs fois, que Guinaudeau et lui s'étaient vus sur le point d'être eux-mêmes traduits en jugement. Lui et Mgr Villepelet (inscrit volontairement sur la liste des otages), se rencontraient régulièrement (les 12 membres du barreau Nantais s'étaient aussi inscrits sur la liste d'otages).

     

    Les 50 otages

    Mon père (ici en tableau) a été l'un de ceux qui on eu à informer les familles des otages. Nous avons vécu, avec lui et ma mère, ces heures dramatiques où des voix angoissées le demandaient au téléphone pour savoir si tel proche emprisonné figurait sur la liste des fusillés.

    Les Allemands avaient choisi les prisonniers politiques plutôt que les personnalités qui se succédaient à l'Hôtel de Vendée dont plusieurs, l'Evêque, le Maire et d'autres, avaient offert leur vie. La menace du sacrifice de cinquante autres otages supplémentaires a pesé pendant plusieurs jours.

    Notre confrère Alexandre Fourny avait été tiré de la prison de Nantes et fusillé. Notre confrère Fernand Ridel a pu échapper à la mort, n'ayant pas répondu à l'appel de son nom à la prison parce qu'il était hospitalisé à l'extérieur. Cependant, les Allemands le détenait, ce qui prouve la hâte avec laquelle la liste des otages "à fusillés" a été établie pour satisfaire aux ordres redoutable du Fürher ...

    Plus tard, les Allemands ont consenti à ce qu'il soit soigné à son domicile où des médecins militaire allemands exerçaient un contrôle. Mon père ou moi allions le voir dans sa chambre où il était alité. Puis la surveillance des Allemands s'est peu à peu allégée et Fernand Ridel a pu s'éloigner dans les Côtes-du-Nord.

     

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